L'Ibis sacré

Publié le par Groupe LPO 31

Par une matinée de samedi ensoleillé, suivant plusieurs jours de pluie, prenez la RN 507 qui traverse la commune de Castagnède. Conduisez avec prudence en regardant de-ci, de-là dans les champs. Vous aurez peut être la surprise de surprendre au milieu d’un groupe de Hérons cendrés et de Garde-bœufs un oiseau très surprenant sur les terres de Haute-Garonne : l’Ibis sacré. C’est ce qui est arrivé à un de nos adhérents ce samedi dernier : 12 novembre 2016.

Ibis sacré - photo de Michel Bouchet

Ibis sacré - photo de Michel Bouchet

L'Ibis sacré se reproduit aujourd'hui dans pratiquement toute l'Afrique Subsaharienne. Anciennement, cet oiseau a niché en Egypte où il a sans doute été commun, mais d'où il a disparu depuis le milieu du XIXème siècle. L’Ibis sacré est une espèce sociale, peu farouche, facile à élever et à faire reproduire. C’est pour cela que de nombreux zoo en possèdent et ce fut le cas pour le parc zoologique du Morbihan qui a importé du Kenya entre 1975 et 1980 une vingtaine d’oiseaux. Ce parc fut suivi vers 1982 par un parc animalier de l’Aude, sur la façade méditerranée. Sans prédateur naturel, trouvant facilement à manger, l’Ibis sacré se reproduit avec succès. Comme ils restent libres dans leur parc respectif, ils peuvent voler et vont rapidement nomadiser à l’extérieur de leurs aires. C’est ainsi que l’on a compté en été 2006 sur la façade atlantique au moins 5000 oiseaux, dont 1700 couples, tandis que sur les bords de la Méditerranée, en 2005, on compte sur l’étang de Bages plus de 100 couples ainsi que des individus en Camargue. En 2014, 265-300 couples ont été comptés, l’essentiel se situant en Loire atlantique et seulement 1 ou 2 individus en Camargue, sans couple nicheur. L’effectif global serait inférieur à 500 individus, la diminution est nette chez cette espèce invasive que l’on tente de maintenir.

SOURCES : * Les Populations d’oiseaux allochtones-2014- Philippe J. Dubois/LPO Jean-Marc Cugnasse/ONCFS * 13ieme forum des gestionnaires-2007- Pierre Yesou/ONCFS Philippe Clergeau/INRA

M.B.

Publié dans Accueil