Inadmissible : Un Milan royal abattu par un braconnier avec permis de chasser...

Publié le par Groupe LPO 31

Associations et groupes signataires du CP

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Communiqué de presse du dimanche 16 novembre 2014

Inadmissible : Un Milan royal abattu par un braconnier avec permis de chasser dans les Hautes-Pyrénées !

 

Le 31 octobre 2014, un Milan royal a été la cible identifiée d’une personne en pleine activité de chasse, à Saint-Créac, dans les Hautes-Pyrénées. Les agents du service départemental des Hautes-Pyrénées de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS), présents sur les lieux, ont pu identifier l’auteur de cet acte inadmissible, lui dresser un procès-verbal et récupérer l’oiseau blessé qui a immédiatement été confié à des vétérinaires. Devant la gravité des blessures, le Milan royal a dû être euthanasié le 3 novembre. Cet acte de braconnage scandaleux et gratuit porte atteinte aux efforts déployés pour sauvegarder cette espèce protégée et menacée, présente seulement en Europe. Il s’agit d’un délit réprimé par la loi. La LPO et Nature Midi-Pyrénées portent plainte, se constituent partie civile et entendent bien, sur cette affaire mobiliser tous les moyens pour que l’auteur de cet acte volontaire soit sévèrement condamné. Le Milan royal est très facilement identifiable, toute confusion avec une espèce chassable est exclue.


La France abrite la seconde population mondiale et assume, à ce titre, une lourde responsabilité dans la conservation de ce rapace, présent uniquement en Europe. Pourtant, encore récemment, entre 2002 et 2008, la population nicheuse est passée de 3000-3900 couples à 2300-2900 couples (soit moins 20 %), alors même que l’espèce avait déjà connu une chute drastique de ses effectifs par le passé.


Encore commun il y a 30-40 ans dans l’Hexagone, ce rapace est aujourd’hui gravement menacé, fragilisé par la dégradation de son habitat, la disparition de ses proies, les empoisonnements et le tir illégal. Pour la seule année 2013, 40 cadavres de milans royaux ont été découverts sur le territoire national, sans qu’aucune recherche ciblée ne soit menée. La LPO et le réseau « Milan royal » ne cessent de dénoncer ces pratiques qui mettent à mal les efforts déployés au quotidien pour sauvegarder cette espèce patrimoniale.


Le constat est alarmant : touché par une régression démographique (entre moins 50 et moins 80% en 20 ans dans certaines parties de son aire de répartition), et géographique, le Milan royal disparaît progressivement de certains de nos paysages pourtant favorables. Dans ce triste tableau, les Pyrénées figurent comme l’un des derniers bastions français de l’espèce et sont donc particulièrement importantes pour la sauvegarde de cette population qui les affectionne tout au long de l’année.


Les Pyrénées constituent le premier site d’hivernage de l’espèce en France, avec 70 % de la population hivernante nationale (environ 5 000 individus), elles sont situées sur la principale voie migratoire des populations d’Europe du Nord (11 300 individus en 2013). Quant à la population nicheuse, les Pyrénées enregistrent des densités prometteuses (20 couples pour 100 km²) au regard de celles enregistrées dans son aire de répartition. Cependant, il convient de souligner que cette population reste particulièrement fragile, la dynamique de reproduction enregistrant en moyenne à peine plus d’un jeune par couple nicheur.


Au rythme d’une quarantaine de cadavres découverts par an, la population reste donc gravement menacée.
Le caractère aléatoire de ces découvertes, dissimule de nombreux autres individus empoisonnés ou tirés non retrouvés. Le plomb, cause de mortalité directe ou indirecte par intoxication chronique est présent dans près d’un tiers des individus blessés ou morts découverts dans les Pyrénées. Pour tous ces cas, les auteurs ne sont le plus souvent pas identifiés. Pour celui-ci, combien ne sont pas détectés et restent impunis !


Le Milan royal, espèce pour laquelle l’Etat français a confié la coordination d’un Plan National de restauration à la LPO, fait l’objet d’une attention particulière et d’actions de conservation, depuis 2003.
Par cet acte inadmissible, c’est le travail de tout un réseau de nombreux partenaires associatifs et institutionnels pyrénéens investi pour le Milan royal qui est lésé et un oiseau qui ne retrouvera, pas cette année, son quartier d’hivernage.

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