En Ariège, l'heure est grave pour les Vautours

Publié le par Groupe LPO 31

Consultation publique sur l'autorisation des tirs d'effarouchement des vautours fauves en Ariège jusqu'au 9 septembre inclus. Exprimez-vous !

Vautour fauve ©Catherine Puerta

Vautour fauve ©Catherine Puerta

Nous nous permettons de vous alerter  sur le projet d’arrêté de la préfète de l’Ariège pour autoriser des tirs d’effarouchement des vautours fauves dans ce département, (autorisation ouverte aux éleveurs porteurs d’un permis de chasse).  

Pour cela, il est nécessaire de participer massivement à la consultation publique organisée par la Préfecture de l’Ariège (possible jusqu'au 9 septembre inclus) pour manifester (à titre individuel et/ou de votre structure) une opposition franche et argumentée à cet arrêté en vous connectant directement sur son site et en remplissant le formulaire proposé en cliquant ci-dessous :

Consultation publique "Vautours"

 

Le vautour fauve ne niche pas en Ariège, mais suite à la manifestation de la FDSEA et des chasseurs contre les vautours qui a rassemblé plusieurs milliers de personnes cet été à Foix, la préfète de l'Ariège a mis en consultation publique un projet d'arrêté d'effarouchement des vautours fauves sur 241 communes de l'Ariège autorisant des tirs non létaux du 1er mars au 15 novembre dans un rayon de 200m des bâtiments agricoles et après autorisation préalable de la préfecture. Ces tirs seront effectués par les agents de l'ONCFS, les lieutenants de louvèterie, et les éleveurs ayant un permis de chasse et ayant suivis une formation auprès de l'ONCFS ou de la Fédération départementale des chasseurs de l'Ariège et sur proposition de la  chambre d'agriculture.

Pour info, la prise d'un arrêté similaire dans les Pyrénées-Atlantiques et ses conséquences sur les mentalités déjà agitées par les médias et les pressions diverses depuis plus de 10 ans sont claires : en 2012 en Ariège, la disparition d'un gypaèton de 3 mois coïncide en temps et lieu avec 3 cas d'empoisonnement de vautours fauves ; dans l'Aude, même année, 4 vautours fauves et un vautour percnoptère ont été empoisonnés ; en 2013, 32% des rapaces nécrophages morts que nous avons étudiés ont été victime d'actes de malveillance (tir ou poison) ; fin 2013 un gypaète a été tiré ;  juillet 2014 un vautour percnoptère a été empoisonné (même département). Depuis 2007, 2 gypaètes ont été tirés et 4 vautours percnoptères sont morts empoisonnés dans les Pyrénées, le haut de l'iceberg bien sur, vu la rareté de l'espèce !

Ce désastre pollue le reste des régions françaises : surenchère médiatique anti-vautours dans les Alpes, un jeune gypaète réintroduit dans les Grands Causses tiré !

 

Vautour fauve posé ©Aurélia Puerta

Vautour fauve posé ©Aurélia Puerta

Arguments qui permettront de rédiger un message clair en faveur des vautours et contre ce projet d'arrêté (choisir les principaux) :

Cf. LPO programme Pyrénées vivantes, Août 2014

- Le Vautour fauve ne niche pas en Ariège où sa présence est peu marquée et saisonnière.

- Cet arrêté n'est que politique : aucune preuve scientifique ne vient attester les accusations de la FDSEA et des chasseurs exprimées lors de la manifestation de Foix.

- Dans les Pyrénées (ensemble du massif qui comprend 6 départements) l'ONCFS a communiqué qu'en 2012 seulement 16% des constats déclarés (soit 16% de 52 = 8 constats) concernaient des interventions de vautours "-sur du bétail affaibli ou blessé et en l'absence de berger".

- Ces interventions sur animaux condamnés représentent moins de 0,05% de la mortalité du bétail (Choisy, 2014, courrier de l'environnement de l'INRA) et ne justifie pas un tel arrêté (les chiens errants, oui).

- La présence de vautours prés de bâtiments agricole indique la présence de bétail mort (ou de placentas non enlevés), ou de bétail en difficulté (mise bas à problème nécessitant la présence de l'éleveur ou d'un vétérinaire par ex.) ; un effort sanitaire et une surveillance des mises bas rendraient les bâtiments et leurs environs moins attractifs et suffiraient à les éloigner.

- Aucune autre mesure n'a été testée (et on le comprend, vu que les incidents sont plus que rarissimes) et aucune campagne de sensibilisation incitant les éleveurs à surveiller les mises-bas et à améliorer la conduite sanitaire des troupeaux n'a été prise par la préfecture de l'Ariège ; un tel arrêté n'est qu'une réponse politique à un groupe de mécontents qui refuse de cohabiter avec la grande faune, ours, vautour faune, etc.  

- Cet arrêté ne tient pas compte des espèces protégés qui pourraient être perturbées par les tirs (autorisés au printemps à la période où la majorité des oiseaux nichent) ce qui est interdit.

- Ce projet entache gravement les vautours fauves qui sont des animaux utiles à l'élevage (ce sont des équarrisseurs propres, rapides, gratuits et non polluants) ainsi qu'au tourisme de nature. Ils devraient être valorisés.

- Si ces tirs sont réalisés directement par les éleveurs-chasseurs et lieutenant de louvèterie, le risque de dérapage et de tir à balles non létales est à prendre au sérieux: ce type d'arrêté a été pris dans les Pyrénées-Atlantiques en 2012 et un gypaète a été tiré en 2013.

- Le risque de confusion entre le vautour fauve et le gypaète est important: même envergure, même milieu, mêmes carcasses exploitées. 

- Les tirs d'effarouchement à l'encontre du vautour fauve ont montré leur inefficacité dans les Pyrénées-Atlantiques: pas de demande des éleveurs, et effet éphémère des tirs (les vautours font un tour et ne s'en vont pas) s’ils ont repéré une opportunité trophique.

- Les vautours fauves comme tous les charognards sont des opportunistes, ils sont stimulés (contrairement aux prédateurs) par l'immobilisme du bétail: le bétail immobilisé devrait être surveillé ou bien c'est qu'il n'a pas de valeur (bétail subclaquant).

- Il n'est pas certain qu'autoriser des tirs d'effarouchement limite le risque d'empoisonnement des vautours : en juillet dernier un vautour percnoptère a été empoisonné dans les Pyrénées-Atlantiques où un arrêté similaire a été pris.

- Les services de l'Etat devraient s'attacher à apaiser ce dossier plutôt que de donner crédit aux accusations infondées des éleveurs (plusieurs cas  de plaintes médiatisées démenties ce printemps).

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